Peau d’hiver….

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Bon ça y’est c’est l’hiver ! Il pleut et la boue revient nous coller aux bottes. Avec cette dernière, les maladies de peau de nos chevaux refont surface. Il est parfois difficile de faire la différence entre la gale, la teigne, la dermatophilose, la dermatite du paturon, les crevasses. Je vous propose un petit tour de ces maladies hivernales (mais pas que pour les deux premières…). et des petits « trucs » pour prévenir et/ou soigner.

1/ La gale

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                                                                                            © et crédit photo : AJC Nature

Cette pathologie est devenue extrêmement rare de nos jours. Elle concerne les chevaux mis en contact avec des bovins ou des ovins dans des conditions d’hygiène douteuses. Elle peut concerner toutes les régions du corps de l’animal.

Elle est causée par des acariens et entraîne de très fortes démangeaisons pour le cheval. Elle est très contagieuse et les mesures de précautions et d’hygiène sont à tenir de manière indispensable.

Elle créée des lésions (ulcération) de la peau, sans forcément entraîner de perte de poil.

Le traitement est l’application d’un acaricide (naturel ou non). Une fois les petites bestioles disparues, l’application d’un baume cicatrisant et apaisant, tel que 2 gouttes HE de lavande officinale ou aspic dans 1 à s d’huile végétale d’amande douce, peut être apprécié par le cheval.

Attention ! Si vous faites des mélanges de produits à ce que ça n’entraîne pas de réactions (type Acadrex / HE). Laisser toujours un temps raisonnable entre les applications. Aucune molécule qu’elle soit chimique ou naturelle n’est anodine dans l’absolu.

2/ La teigne

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                                                                                            © et crédit photo : AJC Nature

Cette pathologie est un peu plus courante que la gale. Elle est causée par un champignon. Contagieuse, il faut cependant que les conditions de développement du champignon (milieu chaud, humide et peu ventilé) soient présentes pour voir apparaître les petites lésions rondes et « neigeuses » caractéristiques de cette maladie. Elle aussi cause des démangeaisons (un peu moins virulentes que celles de la gale).

Selon le type de champignon, la maladie va être contagieuse ou non (intra ou inter espèce). Dans le doute, il semble préférable de mettre en place un protocole d’hygiène visant à limiter la propagation.

Une nouvelle fois, les soins sont « simples ». Il faut traiter l’animal avec un antifongique (naturel ou non), appliquer un baume cicatrisant et apaisant après disparition des champignons et veiller à ce que les conditions environnementales ne soient plus propices au développement desdits champignons.

Dans le cas de ces deux pathologies, il est indispensable de réviser les conditions d’hygiène (quarantaine des animaux malades, désinfection des lieux de vie et du matériel au contact, …).

3/ La dermatophilose

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 © et crédit photo : Zoé Cormerais

Pour cette pathologie, on trouve des informations plus ou moins contradictoires. Je vous expose donc ce que j’ai pu observer avec la réserve liée au fait que cela n’engage que moi.

Cette pathologie est due à une bactérie qui se développe dans le sous poil des chevaux non tondus exposés aux intempéries et qui n’ont pas ou peu le temps de sécher complètement lors de longues périodes.

Elle est caractérisée par, en premier lieu, le poil qui se pique sur la ligne du dessus puis la formation de croûtes puis la chute des poils avec ces croûtes et enfin le dernier stade la surinfection des lésions pouvant entraîner le décollement de parties de peau grandes comme des billets de 20€.

J’ai pu constater une vive douleur ressentie par l’animal à un stade plus ou moins avancé de la maladie.

En prévention, il convient de s’assurer que l’animal peut sécher régulièrement (accès à un abri suffisamment grand pour le groupe et bien ventilé, pose de couvertures au besoin, ..). Un pansage régulier et énergique des zones à risques (côté sans la crinière, garrot, dos, croupe) aidera à aérer le sous poil. Attention ! On ne brosse pas un cheval mouillé au risque de lui ruiner sa protection anti pluie, anti vent et anti froid.

En cas d’apparition des symptômes, sécher le cheval, traiter le plus tôt possible avec un antibactérien non nécrosant, ou tout simplement avec de la TM de calendula (sur les zone concernées et per os), ne retirez que les croûtes qui tombent après le pansage et surveiller au moins quotidiennement. Si vous devez couvrir l’animal attention à ce que rien ne vienne frotter sur les lésions.

Si vous récupérez un animal à un stade très avancé (surinfection) un traitement antibiotique devra être envisagé.

Cette pathologie n’est pas contagieuse mais peut toucher plusieurs individus d’un même groupe soumis aux mêmes conditions et présentant le même terrain.

Certains cas de dermatophilose apparaissent très tôt 6, 12 ou 18 mois et sont, dans ce cas particulier, lié au traumatisme du sevrage. On pourra ajouter au traitement externe la prise d’élixir floral Aubépine (3g 3/j sur 21j) voir frictionner les lésions avec 3g d’EF diluées dans 50 ml d’eau de source.

4/ La dermatite éliminatoire du paturon

Cette pathologie est parfois nommée à tord « gale de boue ». C’est une fausse gale car elle n’est pas causée par la présence d’acariens.

Son origine est vraisemblablement une élimination de toxines partant de la pointe de la fourchette (entre les deux glomes) et remontant sur le paturon. J’ai pu constater que les points de sorties principaux étaient en relation avec les méridiens gros intestin, intestin grêle, vessie et vésicule biliaire.

Dans ce cas, il est important de se pencher sur la cause première du souci : l’élimination de toxines. Trouver d’où provient la surcharge de déchets, limiter la production de ces derniers et rééquilibrer le terrain (Flore intestinale, échanges cellulaires, équilibre acido basique). Attention aux drainages ! Selon la saison, ils peuvent faire plus de mal que de bien. Vous pouvez aussi faire appel à votre praticien shiatsu afin d’aider votre cheval.

Pour les soins locaux, j’évite l’application de corps gras. Ils vont boucher les points de sortie et l’organisme va trouver un autre moyen d’éliminer (lésions plus hautes sur la jambe, abcès, toux, …). Je nettoie avec un savon doux et peut astringent type savon d’Alep (attention plus il y a de laurier dedans plus il est « costaud »). Je rince bien. Je sèche. Je retire à la main doucement les croûtes qui veulent bien partir et j’applique quelques gouttes d’HE de lavande douce (une trace par lésion pas plus) si la peau est irritée autour. Personnellement, je l’utilise pure. Dans ce cas ATTENTION vérifiez que la peau de votre cheval le supporte en faisant un petit essai avant. Vous pouvez aussi utiliser quelques gouttes de TM de calendula.

Il est évident que si le cheval baigne dans la boue et les excréments ça n’aide pas mais j’ai vu des dermatites sortir « hors boue » et des chevaux baigner dans la boue sans jamais faire de dermatite.

5/ Les crevasses

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Cette dernière pathologie est sûrement celle qui est la plus en lien avec la présence de boue et d’humidité en général. En effet, si la peau est continuellement exposée et donc agressée par une humidité trop importante, elle finit par s’ulcérer. Les lésions sont caractéristiques : blessures horizontales dans le pli du paturon, dépilées et inflammées.

Les soins consistent à mettre le cheval dans un environnement sec, appliquer un antiseptique local non nécrosant (si infection!) et ré-hydrater la peau par un corps gras de votre choix éventuellement complété par un cicatrisant (par exemple 2g d’HE de lavande douce + 2 g d’HE de géranium rosat dans 20 ml d’HV d’amande douce ou d’avocat).

Dans tous les cas, il est important de se pencher sur le bon fonctionnement de l’homéostasie générale de votre cheval. Si les défenses immunitaires sont en état de fonctionner, qu’il n’y a pas de carence en oligo et minéraux, que l’organisme est non stressé par autre chose (environnement, alimentation, pollution médicamenteuse…), votre cheval sera peu sujet à ce genre de problème.

Je tiens une nouvelle fois à rappeler que cet article est un article de vulgarisation et qu’au moindre doute, il convient de consulter d’un Homme de l’Art.

Bel hiver à vous !