Patience mon impatience

Je rencontre souvent des personnes lors de mes séances, qu’elles soient de développement personnel, de soins ou d’équitation éthique, des personnes en prise avec leur impatience. Je souhaite, par ces quelques lignes, revenir sur ces notions concernant cette émotion qui pourrait être définie comme le « mal de notre siècle ». Pour rappel, mes articles ont pour objectif une vulgarisation des informations de base. Vous êtes libres d’y prendre ce que vous souhaitez, ce qui vous parle, pour faire votre « sauce » et avancer sur votre chemin personnel. Il n’y aura donc, comme toujours, aucune vérité absolue… Juste quelques informations que je vous laisse libre de creuser plus avant à votre convenance.

 

Le Larousse définit l’impatience comme un trait de caractère d’une personne qui ne sait pas attendre avec calme, qui a besoin d’agir sans cesse.

 

Image divinatix
 

Quand j’étais gamine, on retrouvait souvent sur mes bulletins scolaires « bonne élève mais veut avoir fini avant d’avoir commencé ». Pour moi c’est exactement cela l’impatience… On veut être arrivé avant d’être parti. Il n’est pas forcément question de précipitation (même si les deux sont souvent liées). Cet état est souvent causé par la peur de l’ennui, du vide. On se met à cumuler les tâches, les envies… Comme cela on est toujours… occupé. Nous y reviendrons dans quelques lignes.

Cette notion d’impatience peut prendre plusieurs formes ; du traditionnel « je n’aime pas ce médecin il est toujours en retard, on doit toujours attendre au moins 15 minutes dans sa salle d’attente », à « je veux ça maintenant et ferait tout pour même si ça me met dans une position inconfortable » en passant par « je ne supporte pas d’avoir faim » ou « mon cheval ne m’obéit pas et ça m’agace »….

Dans notre société actuelle, rythmée par les livraisons Chronop*** en 24h (enfin quand ça fonctionne  :mrgreen:  ) et les commandes en lignes qui vous permettent d’accéder à une très large offre en 2/3 clics de souris, nous avons perdu le goût de l’attente et du désir ce qui nous laisse dans une éternelle insatisfaction car nous ne profitons même plus ce que nous avons. Nous en voulons toujours plus.

C’est souvent très flagrant avec les chevaux, ces maîtres du Présent  (instant présent / cadeau). Nous sommes à peine entrés dans l’espace de travail qu’on pense (et veut) déjà aux exercices techniques que nous ferons avec lui. Nous ne prenons pas la température émotionnelle et physique de notre compagnon. Nous ne prêtons pas attention aux signes subtils qui disent déjà, ici et maintenant, de quoi sera faite la séance. Nous les mettons au pas, parfois à grand renfort de leçon de jambe, cherchant cette sacro sainte impulsion et c’est parti! Nous avons un cheval qui précipite son pas (qui n’est donc plus dans l’équilibre!!!) avec un cavalier sur le dos déjà à ses appuyers ou à son enchaînement technique de barres. Sauf que là, ici et maintenant, par la contraction dans la mâchoire à gauche et cette légère dissymétrie des postérieurs, votre cheval vous dit que ce n’est simplement pas mûr et qu’il va falloir s’adapter (même momentanément) afin d’atteindre votre but dans les meilleures conditions.

Je suis presque sûre qu’à la lecture de ces quelques lignes les cavaliers impatients sont contractés dans leur corps… Si si, observez bien… Quelle émotion cette information réveille en vous? Bien souvent (ce qui n’en fait pas une règle absolue donc), c’est la frustration qui vient nous envahir…. Mais d’où vient elle?

 

Pour répondre en partie à cette question, il me semble nécessaire de revenir aux notions de psychologie fondamentales.

Avant ces 3 ans, l’enfant est complètement dépendant de ses parents (surtout de sa mère). Alors non, on ne tire pas à boulet rouge sur les mamans hein… Il est simplement relevé que bien souvent les adultes impatients ont été les enfants que les mères ont hyperprotégés. Répondant à la moindre de leur sollicitation, ne leur laissant pas expérimenter la notion d’attente, comblant tous leurs désirs dans l’instant, elles ont créé un terrain fertile pour que, passé ce stade des 3 ans, l’enfant continue de penser que ces désirs se matérialisent comme par magie dans l’instant, le rendant totalement intolérant au manque et à l’envie. C’est d’autant plus vrai que l’enfant est de sexe masculin. Nous y sommes…. La frustration… Ce monstre caché dans l’armoire de la chambre.

Je vous invite, par pitié, à ne pas lire que je dis qu’il faut laisser pleurer les bébés de moins de 3 ans jusqu’à la mort. Il est, comme en toute chose, une question de bon sens et d’équilibre. Être un parent parfait me semble être une tache bien ardue mais bon c’est un autre sujet.

Revenons à notre impatient chronique, qui a été satisfait par cette maman « parfaite » (finalement si on y réfléchit bien c’est ça… Maman-ou ses substituts- a été parfaitement présente), plus il avance en âge plus l’enfant tyran intérieur s’exprime via l’inconscient de la personne et il se manifeste, à terme, par cette prise de pouvoir subtile. En grandissant, l’enfant se rend bien compte qu’il ne peut pas tout avoir dans la seconde. Si les outils pour appréhender, comprendre et apprivoiser cette frustration ne lui sont pas donnés ou mis à disposition, il mettra en place des stratégies de « survie » car oui pour l’enfant tyran intérieur obtenir ce qu’il veut rapidement est une question de survie.

Les praticiens du courant Gestalt, quant à eux, pensent que l’impatience cache en fait des émotions refoulées telles que angoisses existentielles, colères refoulées dans la petite enfance (envers ses parents ou envers soit même)… Ce qui, pour moi, rejoint cette notion de gestion des ressources dans la toute petite enfance.

Chaque courant a sa propre explication comme souvent. Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à consulter les écrits spécifiques sur le sujet.

Tout ça pour dire quoi?  Je ne sais plus….

Ah si!

Avant d’aller chercher des remèdes extérieurs divers et variés allant de l’expression de la compulsion ou l’impulsivité à la prise de médicament divers et variés en passant par des psychothérapies ou des soins alternatifs, il est à mon sens vital d’aller contacter cet enfant tyran intérieur et de le regarder dans les yeux.

Il ne disparaîtra pas tant qu’il n’aura pas été entendu, écouté, reconnu, accepté, pardonné et enfin aimé…. Vaste programme.

 

 

Une fois que vous aurez commencé ce travail personnel entre vous et Vous, que vous aurez regardé cet enfant tyran intérieur dans les yeux, il existe plein de possibilité de travail personnel pour apaiser cette impatience. Je ne parlerais ici que des options qui m’ont servies personnellement et / ou que je mets en pratique (bon souvent c’est intimement lié hein). La liste n’est pas exhaustive… Loin de là… Je vous invite donc à laisser venir à vous l’approche la plus juste (et donc efficace pour vous).

Donc en vrac nous avons :

  • Elixir floral – Fleur de Bach Impatiens. Une aide précieuse à mon sens. Elle met en lumière les moments où nous sommes dans cet état. Elle ne les efface pas par magie non, elle nous offre juste l’opportunité de travailler en « direct live » quand la chose se présente.
  • Travailler avec les chevaux (à pieds), les laisser nous enseigner cette notion d’Être, de laisser venir à nous toutes les informations et de mettre en action (ou non) en fonction de la qualité de l’information reçue, de rester présent dans chaque pas, pas à pas, tout en visualisant le(s) suivant(s). Savoir où nous allons sans nous projeter directement au point d’arrivée. Bref apprendre à Être dans le temps du cheval puis apprendre à Être dans NOTRE temps à nous.
  • Une fois que le cheval nous a appris à Être dans le temps de XX, il est important de continuer à visiter Notre Temps à Nous. C’est parfois inconfortable car nous devons gérer la pression des personnes autour de nous qui ne sont pas dans le même temps et qui ne comprennent pas pourquoi nous ralentissons ou nous accélérons (si si j’ai bien dit accélérer).
  • Et revenir à ces notions de base : Quel est mon besoin ici et maintenant? Quels sont les moyens à ma disposition pour y répondre? Action / non action?

Ect, ect….

Un petit mot rapide pour les personnes à la pensée arborescente (AkA HPI / HPE) qui auront tendance à être plus enclin à l’impatience parce qu’ils auront systématiquement un temps d’avance sur les personnes à la pensée linéaire (sur les sujets qui les intéressent) et qui vivent depuis leur plus tendre enfance cette frustration de devoir attendre… Il est, à mon sens toujours, hyper important de les accompagner (même très jeunes) à comprendre et gérer cette frustration. Bon je ne reviendrais pas sur les difficultés de « dépistage » actuelles.

Bref

Bon week end à tous!