Les chevaux aussi souffrent d’obésité (2013)

Classé dans : Soins | 0
Depuis quelques années, il est devenu commun de lire des articles ou de voir des reportages sur l’obésité humaine, « La maladie du siècle » comme elle est souvent définie.
Qu’en est il de nos compagnons à 4 pattes? L’humeur du jour veut que je me penche sur le cas de nos équins. Vous trouverez ci dessous les causes, les conséquences et les relations directes avec nos comportements humains que j’ai pu relever de mon expérience personnelle et professionnelle ces dernières années.

Avant toute chose, il convient de définir une chose simple : « Qu’est ce qu’un cheval? ».

Un cheval est un mammifère, prédaté, herbivore, programmé depuis des millénaires pour vivre en groupes stables, manger des aliments de type ligneux riches en fibres et pauvres en sucres et marcher la tête vers le bas entre 10 et 30 kilomètres par jour (en moyenne).

  • Les causes de l’obésité équine
  • Les conditions de vie et la sédentarité

C’est un fait, nos animaux n’ont pas assez de place pour bouger comme ils le devraient. La pire des conditions? Le box 23h/24.

La mise en paddock, parfois dont la surface n’excède pas 1000m², n’est pas meilleure car bien souvent les chevaux n’y bougent pas et en plus sont soumis aux intempéries sans pouvoir les gérer.

L’INRA parle d’ 1hectare/cheval pour pouvoir le laisser à l’année dehors. C’est loin de ses besoins naturels mais déjà une bonne base qui est, j’en conviens, difficile à fournir pour une bonne partie d’entre nous.

Juste pour information, lors d’une séance de travail conventionnelle (environ 1 heure), un cheval fait entre 2 et 4 kilomètres. Faites vos calculs. 😉

Donc partant de ces constats, il est évident que nos animaux, n’ont pas l’activité physique leur permettant de conserver un poids de forme (et un équilibre muscle / tissu adipeux).

  • L’alimentation

Ajoutons à cela, une alimentation hyper sucrée, que nous leur fournissons avec toutes les bonnes intentions du monde car « il faut bien qu’il mange quand même le pauvre!! », « pour faire du muscle, il faut du gras », … Oui mais (^^)

Le cheval n’est en aucun cas fait pour digérer les céréales (Il n’est pas un oiseau si si je vous jure!) qui rapidement créent des surcharges des sphères hépato-pancréatique et cæcales.

« Oui mais le mien est au pré et ne mange que de l’herbe »… Quelle herbe? Un beau Ray Grass choisit pour ses capacités à engraisser les bovins de rente?

Enfin le foin… Ahhhh le foin peut être un ennemi bien plus vicieux que la boite de floconné mélassé car selon le lieu, l’année et les conditions de récolte sa teneur en sucre peut être très importante. Je ne vous parlerais même pas de l’enrubanné.

« Oui enfin, les tableaux de l’Inra disent que… » Ce à quoi je réponds, sur quelle population les études de l’INRA se basent elle? Bien souvent sur des animaux de rente justement, dont la durée de vie et le service ne sont absolument pas les mêmes que ceux de nos compagnons de loisirs.

  • Les soins de confort et les traitements médicamenteux allopathiques

Je ne m’étendrais pas longuement sur le sujet mais il faut être bien conscient que la majeure partie des produits que nous leur donnons en complément ont des effets secondaires non négligeables (Biotine, …). Bien souvent, ils se contentent de fatiguer les émonctoires car 75% de ce que nous leur faisons ingurgiter se retrouve dans les urines. Les chevaux n’assimilent pas (ou peu) les minéraux et c’est pour la majeure partie des produits leur composition de base (minéraux bien souvent de synthèse). Pour toutes les cures saisonnières, je vous invite à choisir des produits à base de plantes ou d’homéopathie.

Quant à la Cortisone, elle n’est pas bonne pour nous et encore moins pour eux!! Elle accélère le processus d’insulino resistance. Il convient donc de n’y avoir recours qu’en cas d’extrême nécessité car bien souvent il existe des produits aux effets similaires et aux conséquences moins graves (phyto, homéo, …).

  • Les conséquences sur la santé de nos compagnons
  • Affections du système locomoteur

Quand on aborde le lien surpoids / affection du système locomoteur, tout le monde pense bien évidement à la fourbure avec ses conséquences dramatiques mais nous pouvons aussi suspecter des relations avec des crises d’élastose (mini fourbure chez les pieds nus), les abcès de pied, les crises de rhumatismes, la dégradation des cartilages articulaires, la corne de pied de mauvaise qualité, … Nous sommes bien d’accord que bien souvent ces maladies sont multifactorielles mais un animal en état correct y sera moins sujet.

  • Affections du système digestif

Nous pouvons en lister quelques unes : coliques (estomac, intestin, cæcum), surcharge du foie et / ou du pancréas pouvant aller jusqu’à la formation de tumeur, …

Encore une fois, l’alimentation n’est pas responsable à 100% de ces problèmes. Il faut quand même noter qu’un stress alimentaire à des répercussions non négligeables sur nos chevaux ne serait ce que par l’épuisement de son système immunitaire.

  • Affections cutanées

Beaucoup de dermatose et/ou dermatite sont en fait des éliminations cutanées de ce que les organes et vicères ne peuvent pas prendre en charge. Les dermatites estivales ont certes pour cause externe les culloïdes (petits moucherons piqueurs) mais comment expliquer que certains chevaux dans le même troupeau en soient atteints et d’autres non? Simplement par un terrain prédisposant que sont ces éliminations de trop plein par la peau. Il convient donc d’aller chercher la cause racine du mal et c’est là que les ennuis commencent. Il en va de même pour les dermatites du paturon qui dans 99% des cas sont confondues avec des gales de boues (et dramatiquement traitées comme telle), elles ne sont « que » des éliminations lymphatiques (qui bien souvent pointent sur des points d’acupunctures stratégiques).

  • Affections du système cardiaque et pulmonaire

Je passerais très rapidement sur les affections cardiaques dues au surpoids, elles sont les mêmes (à peu de choses près) que celles dont nous souffrons (artérites, insuffisance cardiaque, …)

Quant aux affections pulmonaires, certains avancent depuis quelques années que certains emphysèmes auraient pour cause une alimentation trop riche en sucre et les poumons se mettraient à servir eux aussi d’émonctoires (une fois le foie et les reins surchargés). Les glucides en surnombre dans le sang créeraient des soucis lors des échanges sanguins au niveau des poumons et entraîneraient donc des crises de toux plus ou moins violentes à l’effort.

  • Qu’est ce que cela implique pour les humains de compagnies de ces équins

Cette partie sera courte car je ne veux en aucun cas me lancer dans une analyse comportementale de nous autres, Êtres Humains.

Il faut cependant être bien conscients que la mauvaise alimentation de nos chevaux à pour origine la plupart du temps une mésinformation (voir même une désinformation) des propriétaires mais cela il en va de même pour notre alimentation à nous!

Là où je souhaite mettre un léger accent, c’est quand l’information passe et que seul notre Ego fait barrière car « oui mais que va t’on penser de moi si on voit en sortie d’hiver les côtes de mon cheval? » ou « oui mais quand même il a travaillé (un peu, 45min) »…

Personnellement, je pense que si nous nous penchions sur l’équilibre général de nos chevaux, l’alimentation industrielle ne serait plus indispensable que pour les athlètes de haut niveau fournissant des efforts supérieurs à leurs capacités naturelles physiques et les animaux vivants dans des conditions loin de leurs besoins de base.

Et je ne m’étendrais pas sur les personnes qui transfèrent leurs névroses personnelles sur leurs équins de compagnie…

Pour rappel, un cheval proche de sa nature va voir son poids fluctuer de 5 à 15% en fonction des saisons. Il va faire des réserves en été et en automne afin d’affronter l’hiver et en sortir naturellement amaigri pour affronter l’herbe riche de printemps sans développer la fatale crise de fourbure du printemps.

Soyons bien d’accord, je n’ai pas de solutions magiques, il convient à chacun de prendre ses responsabilités et surtout de faire avec les moyens du bord. Mon seul but est de transmettre des informations que je pense être juste à ce jour.

(Sources : "Cheval qui es tu?" Antoine Leblanc et Cie, "Nourrir et Être nourri" Eric Ancelet, Guillaume Parisot, etc etc).