Froid devant!

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Aujourd’hui quelques lignes à propos des chevaux dans le froid. Clairement, pas de révélation métaphysique hein, juste quelques rappels et astuces qui peuvent vous aider.

Avec cette vague de froid, tous ceux qui comme moi, vivent dans des régions à la météo plutôt clémente de ce côté là se sont dit « bon alors je rentre Pinpin au coin du feu dans le salon ou pas? ».

Clairement les chevaux s’accommodent mieux du froid sec que de semaines durant de vent et pluie ou de grosses chaleurs. Nous allons passer 2/3 informations en revue.

1/ Couvrir or not couvrir?:

Je vous invite à garder à l’esprit que le cheval non tondu et en bonne santé a une couverture naturelle super efficace qui s’appelle le poils d’hiver (si si je vous jure c’est fait pour). Le poil d’hiver est composé principalement de deux choses : de longs poils qui servent de « gouttière » quand il pleut et un sous poil fourni et enduit de suint. La fonction érectile de ces poils (assurée par les muscles de surface) permet d’emprisonner une couche d’air en contact direct avec la peau du cheval et donc d’assurer son chauffage central. Le suint, lui, vient imperméabiliser tout cela.

Ici la photo de ce poil. On y voit les poils « gouttière » relevés (temps sec donc « inutiles ») et le duvet gonflé de l’air réchauffé.

Qu’est ce qui pourrait empêcher cette fonction naturelle de fonctionner et donc justifier de couvrir le cheval?

  • la tonte
  • une maladie type PSSM qui dégrade le fonctionnement musculaire
  • sortir et rentrer les chevaux au paddock. (ils passent 16 à 20h au box immobiles à t° constante et doivent en quelques minutes lancer la chaudière quand ils arrivent dehors)
  • un état de santé qui ne leur permet pas d’assurer la pousse du poil d’hiver
  • des pansages trop réguliers ou agressifs (produits de lustrage ou autre démêlants) qui détruisent la production de suint (je ne dis pas qu’il ne faut pas les brosser, je dis qu’il faut le faire en tenant compte de la chose 😉 )

Je ne prendrais pas part dans le débat à propos des couvertures. J’ai deux chevaux : un est couvert (PSSM) et l’autre ne l’est pas (et il ne supporte pas les couvertures). Je dirais juste de prendre un peu de recul, sortir de l’anthropomorphisme et agir de manière raisonnée. Gardez à l’esprit que la couverture n’est pas la panacée non plus. Par sa présence, elle empêche le fonctionnement du poil d’hiver et créé des ponts thermiques entre le dos qui est au chaud et le ventre qui est rarement couvert.

Un point rapide sur les abris et boxs. Je vous invite à ne pas changer brusquement les habitudes de vos chevaux. Ici, ils sont dehors à l’année dans un pré loin d’être parfait mais disposant d’un abri en dur et d’abris naturels leur permettant de contrer les effets des vents dominants. Comme vous tous, nous avons eu le droit à des semaines de pluie et vent, de la neige et ce froid polaire (du moins dans le ressenti) de ces derniers jours. Ils n’ont jamais mis un pied dans l’abri (qui est en bon état). Ils se calent selon leur envie derrière un immense talus, sous les arbres ou derrière une haie épaisse de ronces. Par contre, l’été aux heures les plus chaudes et chargées en petites bêtes qui piquent, ils ne le quittent pas.

2/ Eau et nourriture

Le problème principal par temps de grand froid n’est pas forcément la température mais plutôt le risque de déshydratation (comme nous cela dit). Il est important que les chevaux aient de quoi s’hydrater correctement. Il n’est pas toujours évident de garder les bacs sans glace en continu (surtout la nuit). L’important est que la couche de glace qui se forme reste cassable par un nez de poney.

Pour se faire, je vous invite à éviter la technique de saler l’eau. Même si elle empêche le regel rapide, elle accentue l’effet déshydratation en chargeant l’organisme de sel.

Pour les EM dans l’eau (qui par fermentation maintiennent une température légèrement supérieure de quelques degrés), elle ne me semble pas viable. En effet, les EM sont vivants à une température allant de 15 à 25° (dans son amplitude maximum). Vous vous doutez donc que dans un bac à 0/1° ça ne le fait pas.

L’eau chaude peut être une aide temporaire mais gardez à l’esprit que cette eau va regeler plus vite par précipitation et cristallisation de la vapeur d’eau crée.

Je vous invite aussi à sortir les gros glaçons si vous cassez la glace à la masse(tte). Cela évitera que la couche de glace qui se reforme ne soit aussi épaisse qu’au départ. Pour ma part, je mets les glaçons dans un bac à part. Au dégel, cela permettra de ne pas avoir gaspillé d’eau.

Pour la nourriture, si la vague de froid est annoncée à l’avance, vous pouvez augmenter les rations de vos chevaux environ 15 jours en avance (en prévention).

Si, vous n’avez pas eu le temps de le faire (et dans tous les cas en fait), vous pouvez leur donner un barbotage (ration de granulés de foin ou de céréales trempés env 1h avant dans deux fois le volume d’eau) à température comprise entre 20 et 30° (attention à ce qu’ils ne se brûlent pas la bouche et à garder un volume humide recevable pour l’estomac) deux à trois fois par jour. Cela les aidera à se réchauffer par l’intérieur sans mettre en danger l’équilibre énergétique des organes.

On ne le répétera jamais assez, la meilleure source de chaleur alimentaire pour le cheval reste la fibre donc foin ou herbe (non gelée) à volonté devra être la base.

En effet, augmenter d’un coup la ration (parfois du simple au triple) ne fera que fatiguer l’animal par mobilisation d’énergie dans les intestins pour la digestion et non à la périphérie du corps.

Enfin, j’ai tendance à rajouter de l’eau tiède un peu avant de donner la ration. Cela assure la température du mélange et en plus cette soupe sera un apport d’eau supplémentaire si vos chevaux boivent moins à l’abreuvoir pour cause d’eau trop froide et retardera donc les effets de la déshydratation.

Voilà pour ces petits rappels. Comme toujours, ce que je raconte n’engage que moi. C’est un partage d’expérience. Je suis sûre que chacun a ses petites astuces qui fonctionnent. Je vous souhaite une belle journée.