Être, Faire, Avoir…

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Être, Faire Avoir,

Trois verbes très importants et que j’entends très souvent lors de mes séances avec mes apprenties sages. « Je souhaite avoir une bonne relation avec mon cheval », « je souhaite être connectée avec mon cheval », « je souhaite faire des choses qui intéressent mon cheval », ….. Derrière tous ces mots, il y a un appel ; un appel à autre chose, un appel à communiquer autrement.

Explorons tout d’abord la signification de ces 3 verbes :

  • Être : verbe auxiliaire qui sert à la conjugaison pour les temps composés et la voix passive. Il signifie dans son sens le plus large : exister, avoir un réalité.
  • Faire : verbe impersonnel qui indique un état. Verbe intransitif qui indique agir. Verbe transitif qui indique que l’on cause un effet.
  • Avoir : verbe auxiliaire qui sert à la conjugaison pour les temps composés et la voix passive.Il signifie dans sa forme transitive : bénéficier, être doté de caractéristiques, posséder, ressentir / éprouver. (source : Linternaute.com)

Nous, les humains, nous sommes dans le Faire et le Avoir. Il nous semble indispensable de faire des choses, pour en avoir d’autres et, alors seulement, nous pourrons être (heureux, en paix, joyeux, …). Il n’en est pas de même pour les chevaux qui ont très bien compris, de par leur état de proie, que s’ils sont sans cesse dans l’action ils ne sont plus disponibles pour recevoir les informations de leur environnement.

Les chevaux sont au milieu de leur environnement, ils laissent venir à eux toutes les informations. En fonction de l’information reçue, ils ont trois grands types de réactions : la fuite, la curiosité ou l’indifférence. Ce qui va générer l’une ou l’autre des réactions c’est le niveau de danger/confort pour l’individu, mais aussi pour le groupe, associé à l’information.

Les chevaux sont très sensibles à l’incohérence (intérieur / extérieur) qui leur rappelle sans doute l’état dans lequel les prédateurs se présentent à eux. A un moindre niveau, c’est souvent notre propre incohérence personnelle qui brouille la communication.

Alors que pouvons nous faire me direz vous? Une chose « toute simple » : entrer dans le temps du cheval et commencer par Être.

Bien souvent nous sommes pris par nos impératifs temps du quotidien. Nous casons la visite à Pinpin des bois entre aller chercher le petit dernier au foot et préparer le repas. Nous arrivons plein de bonne volonté et nous faisons entrer le cheval dans notre temps car rares sont ceux qui entendent et acceptent que leur cheval leur dise « non là j’ai autre chose à faire ». Le pire, c’est que nous sommes encore pour un tiers dans la voiture avec le petit dernier, pour un autre tiers déjà derrière les fourneaux et enfin un dernier tiers veut bien accorder un peu d’attention au cheval et nous ne nous en rendons même pas compte!

Vous me direz « oui oh ben tu exagères quand même c’est pas toujours comme cela ». Non je me doute bien que ce n’est pas toujours comme cela mais c’est bien souvent comme cela….

Le fait être capable de revenir dans le temps du cheval, pour moi (parce que je vous rappelle que tout ce que je partage sur ce site n’engage que moi), ramène de la crédibilité auprès de nos chers compagnons, réouvre la discussion et l’écoute mutuelle.

Alors comment fait on? Il « suffit » de se reconnecter à notre état de proie primaire (oui nous sommes de grands singes donc pas vraiment en haut de la chaine alimentaire…) :

  • Je suis connectée à mon corps, mes émotions et mes pensées. Sans jugement, j’accueille les ressentis et j’en suis consciente.
  • J’accepte de ne rien faire parfois, juste me relier à mon environnement le plus large.
  • Je prends conscience que je ne suis pas séparée de mon cheval qui est à 5 m de moi car je touche l’air qui le touche aussi ou mes pieds touchent le sable de la carrière sur lequel mon cheval est posé aussi….
  • Je clarifie et priorise mes besoins et les moyens à ma disposition à l’instant T.
  • Je réactualise en continu ces informations.

Par ces « petites » choses, nous devenons lisibles et cohérents (parfois! =D ) pour le cheval et nous pouvons donc enfin entrer en communication non verbale (et aller bien plus loin dans l’équitation technique car nous n’aurons plus à corriger des « comportements » qui ne nous conviennent pas mais simplement à être suffisamment présent pour ne pas les induire).

Pour le coup, nous passons de

Faire des exercices pour Avoir une connexion et Être heureux (car quelquesoit nos objectifs avec nos chevaux le but et bien d’être heureux avec eux)

à

Je Suis pleinement Moi ici et maintenant (Être), je peux demander des choses à mon cheval (Faire) pour Avoir cette complicité et relation tellement recherchées.

Voilà le petit billet du soir…. Il est intéressant de se dire qu’en plus ça fonctionne aussi trèèèès bien avec nos congénères bipèdes 😉

Aller! Je vous souhaite une très belle fin d’année et le meilleur pour l’année à venir!

Aurélia