Colapso et rapport au temps

Collapso et rapport au temps
 
Voici le second article en lien avec la collapsologie (étude des possibilités d’effondrement de notre société moderne) et les inspirations du moment.
 
Notre rapport au temps en dit long sur nous, notre cheminement et où nous en sommes. Nous vivons dans une société malade du temps. Nous sommes toujours pressés, nous n’avons le temps de rien, nous ne prenons le temps pour rien (de vital). Nous sommes détachés de nos racines géographiques et aussi souvent familiales. Nous n’écoutons plus nos anciens et leur part de sagesse, nous les mettons mêmes dans de « confortables » mouroirs pour ne pas voir cette chose horrible qu’est la fin de vie, la non productivité, la maladie parfois et toujours la mort.
 
Nous ne sommes pas non plus dans le présent ou de très rares fois quand nous prenons notre shoot quotidien ou hebdomadaire d’hormones (adrénaline, endorphines, cortisol, choisissez). Nous courrons après un futur qui nous angoisse car par essence indéfinissable et inaccessible. Ce futur devient inlassablement, tous les jours, un aujourd’hui donc inintéressant. Comme disait le poète « Demain c’est loin » mais c’est tellement bien parce que ce n’est pas aujourd’hui, parce que demain je ne suis pas mort. Et nous courrons après toujours plus de productivité, toujours plus d’argent, toujours plus de résultats…
Nous n’oublions pas d’entraîner nos enfants dans et à cette course effrénée en leur montrant que les résultats comptent plus que l’expérience « as tu eu une bonne note à ton contrôle ? » vs « qu’as tu compris et qu’est ce qui reste flou pour toi ? » ou « Quelle place as tu eu à ta compétition ? » vs « as tu pris du plaisir ? » ou que le matériel compte plus que la présence (combien de parents comblent leur absence physique ou émotionnelle en jouets, nourriture, écrans, acceptation de tous les caprices de leur progéniture?)
 
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Et puis un jour tout s’effondre, on intègre de manière violente que la Vie ce n’est pas cela, que l’important n’est pas là. Sous la menace d’une fin beaucoup plus proche que celle que nous envisagions, on veut tous mourir à 110 ans en pleine forme dans notre sommeil, nous conscientisons que nous sommes réellement mortels. Cette prise de conscience peut être liée à la perte d’un être cher, le diagnostic d’une maladie, une faillite professionnelle ou une séparation douloureuse. Elle peut être aussi liée au contexte actuel d’incertitude (climatique, sociale, politique, sécuritaire, sanitaire, alimentaire, énergétique, … choisissez une nouvelle fois) et nous changeons radicalement notre rapport au temps.
 
Nous commençons à vivre dans le Présent, nous nous reconnectons à notre corps et à nos émotions (attention phase un peu chaotique parfois) puis nous accédons de nouveau à nos besoins, nos envies. Nous ne sommes plus en pilote automatique, nous commençons à prendre du recul, à nous interroger, on revient à la vie. Nous sortons de notre état de mort-travaillant. Notre objectif premier n’est plus de travailler pour gagner de l’argent et vivre ensuite s’il nous reste assez de temps et de force.
 
Notre besoin compulsif d’avoir des choses inutiles ou de passer du temps devant « l’aspirateur à cerveaux » pour éviter de nous interroger sur le sens de tout ceci (télé, tablette, téléphone, réseaux sociaux) se fait moindre et toute cette place libre permet une résurrection… Nous reprenons notre souffle, aussi douloureux que le premier inspire bien souvent.
 
On commence à se reconnecter à la nature, à voir le mal que nous lui faisons, que nous lui avons fait, … On prend conscience et on devient responsable (je ne vous cache pas que c’est souvent accompagné d’une phase de culpabilité).
 
On passe plus temps avec les personnes qui nous sont chères parce qu’on sait que l’argent ne nous accompagnera pas après notre mort mais que les regrets du temps perdu seront là, eux.
 
Il est urgent de réapprendre à simplement Être ensemble, à vivre, à s’émerveiller, à profiter de la présence de l’autre, à vivre avec la nature et ses rythmes (comme ça nous écouterons aussi les nôtres), à tisser des liens avec le vivant humain et non humain, à être plus spontané et moins sédaté, à saisir les petits et grands plaisirs qui passent juste devant nous : un sourire, un regard, un câlin, une discussion, une balade, …
Et on se met à vivre de cette manière en public, on gène parfois, on questionne et les gens nous questionnent « pourquoi ? Comment ? Ohhhh j’y arriverais jamais moi» et bien essayez au moins…
 
On revient à la base, à l’essence-ciel.
 
On revient dans le Présent et on devient présent car le seul endroit où on peut vivre, c’est ici et maintenant.
 
Et vous ? Quel est votre rapport au temps ? Où en êtes vous de votre résurrection ?
 
Aurélia
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Si ces quelques lignes vous parlent, je vous invite à les faire voyager.
©Illustration de Darksouls1 – Pixabay et texte Aurélia B – Terre d’Arcadie 2022