Causes, conséquences, prière de différencier

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Aujourd’hui je viens en réaction (pourtant j’avais dit que je ne le ferai pas mais…. je suis faible!  :mrgreen:  ) à ce qu’on peut voir et entendre un peu partout dans la sphère équine et équestre enfin on pourrait même pousser dans la sphère humaine (si j’osais 🙄  ).

 

Alors quelques rappels d’usage :

  • je ne vise personne personnellement
  • mon but est d’ouvrir une piste de réflexion
  • Si vous vous sentez agressés, voyez qui réagit en vous  😉

Les définitions :

Cause : nom commun féminin venant du latin causa (raison). Ce qui produit quelque chose ; raison ou origine de quelque chose.  (Larousse)

Conséquence : nom commun féminin venant du latin consequentia (succession). Ce qui est produit nécessairement par quelque chose, qui en est une suite logique. (Larousse)

Donc le sujet du moment c’est le head shaking (HS dans la suite du texte).

Des amies, des clients et de parfaits inconnus sont confrontés à la chose. Cette « catégorie de maladie » dans laquelle on va mettre tous les chevaux qui secouent la tête avec « coup » de jus est définie comme suit par les vétérinaires de la Clinique de Gros Bois : « Le « vrai » Head Shaking est lié à des mécanismes complexes d’irritation de nerfs de la face qui entraînent, lors de stimulations visuelles ou tactiles, une sensation très désagréable proche de ce que l’on ressent lorsque l’on éprouve un besoin irrépressible d’éternuer face à une lumière vive. Mais chez le cheval cet inconfort n’est pas soulagé par l’ébrouement et un certain degré de panique ou de rétivité peut se développer. »

Sauf que comme le dit la citation, le « vrai » HS n’est pas la seule cause d’encensement et c’est là que le bât blesse.

Comme dans les années 90 où on a vu fleurir des naviculaires partout (dès que ça boitait avec réaction au test de la pince ou de la planche), tout ce qui secoue la tête est HS. Les vétos généralement collent une tournée de cortico, un ti filet sur le bout du nez et roule…. Si dans le cas du « vrai HS » cela fonctionne (parfois) ce n’est pas le cas quand la cause est toute autre.

Si je reviens à mes naviculaires. Avec le recul et les progrès de la podologie équine, on se rend compte que de nos jours les « naviculaires » étaient parfois des chevaux avec une « simple » pourriture profonde de fourchette (liée à un défaut dans le parage ou à une homéostasie pourrie à coup de céréales) ou un Hi Lo ce qui est en soit plus gérable qu’une dégradation osseuse dégénérative (c’est la que réside la différence entre syndrome et maladie naviculaire pour moi). Et même cette dernière reste ouverte à guérison partielle lorsqu’on relance une homéostasie  efficace et une circulation sanguine et lymphatique,  on a vu des chevaux dit « bons pour la retraite et encore » reprendre de la densité osseuse. Quant à la version d’une cause génétique du « naviculaire », je vous invite à vous interroger sur les conditions de détention des chevaux de ces « lignées » dites à risque… Pour moi c’est plus une histoire de conditions de vie que de gènes activés mais bon ce n’est que mon avis de profane….

Si on applique la chose au HS, quelles pourraient être les causes?

  • Névralgies de la face (dues à quoi?)
  • Maux de tête (mécaniques, viscérales, tumoraux …)
  • Allergies (pollen, alimentaire, à la main du cavalier oups pardon)
  • structurelles (cérébrales, vertébrales …)
  • Photosensibilité (encore une fois liée à quoi?)
  • Compression de la moelle dans le canal médullaire (accident, problème de croissance)
  • …..

Bref tout cela pour dire quoi…. De nos jours, on ne cherche pas la cause des choses. On prend les conséquences pour immuables. Il est à mon sens urgent de ré-envisager les êtres vivants dans leur ensemble et non bout par bout.

Je vais vous raconter une petite histoire de bipède.

Une jeune fille de 13 ans se fait une entorse carabinée avec arrachement ligamentaire en sport au collège (le pied coincé entre 2 tapis de gym dans un sens, la jambe dans l’autre). On la soigne quelques heures après. Bien. Elle gagne un pansement à l’alcool, du « dolip**** » pour 15j et une claque dans le dos mode « tu vas pas faire ta chochotte ». Sauf que ben si….

S’en sont suivi 10 ans de tendinite chronique avec des douleurs qui n’étaient pas soulagées par la morphine, l’été le poids du drap lui donnait envie de hurler à la mort la nuit. Ils ont fait des examens (semelles podo), des IRM : constat inflammation de la gaine synoviale. En voilà une belle « cause » (notez bien les «  » ils ont leur importance). Donc avec cette belle cause les voilà partis chez les grands professeurs de la clinique du sport. Mésothérapie => sans résultat. Infiltrations => la première a des effets 1 an (ouf elle respire). Bien au terme de cette année, elle y retourne « après tout c’est normal il nous avait bien dit que ça durerait peut être pas). La seconde : 6 mois, la troisième 4 mois, la 4ème 6 semaines environ. A la 5ème présentation, le doc dit que les infiltrations c’est fini qu’il reste deux voies à explorer : la psychiatrie (parce que c’est pas possible que ce problème avec cette « cause » ne soit pas résolu avec les piquouzes. On aurait été au 18ème on l’aurait taxé d’hystérique avec un peu de bol) et la chirurgie (« on taille dans le vif, on raccourcit le tendon en coupant le bout qui nous fait chier, on coupe le nerf, vous n’aurez plus mal ». Elle sera handicapée à vie mais elle n’aura plus mal)….

ça vous rappelle pas certains processus?

Bref la demoiselle a 22 ans à l’époque et décide que depuis le temps elle et sa douleur sont devenues copines et que le charcutage n’est pas envisageable.

Quelques années plus tard, elle rencontre un ostéopathe (elle avait déjà vu moulte chiropracteurs mais bon). Cet ostéo lui fait une séance, puis deux et se demande pourquoi ça « ressaute » toujours (Ze question « POURQUOI??????!!!!! »). Ils virent les semelles orthopédiques (autres accessoires délétères) et la jeune femme pense à lui parler de sa tendinite. Il regarde ladite jambe. Mets le pied de la demoiselle contre son ventre, plie la jambe, « attrape » le péroné et pousse doucement. Clic, clac… Kodak.

JE N’AI PLUS JAMAIS EU MAL A CETTE CHEVILLE DE MA VIE !!!!!!! (D’ailleurs Greg si un jour tu lis ce texte : tu as ma gratitude et mon amour pour le reste des temps! oui oui =D ). Il va me falloir un certain temps pour éliminer toutes les merdes chimiques que j’ai mangé.

Bref on s’acharnait sur le tendon qui ne faisait que dire « le problème est plus haut ». On s’acharnait sur la conséquence alors que la cause était encore inconnue. Il n’est pas question de dire ici que mes médecins étaient des cons incompétents. Ce n’est pas le cas, ils faisaient au mieux de leurs compétences…. Sauf que ce n’était pas la bonne compétence qui était mobilisée…. Pas d’bol Eliane!

Vous me direz « oui mais bon nous on est pas véto / médecin comment on sait? » Ben un traitement, s’il est efficace, il agit de suite et surtout il n’y a pas de rechute ou de poussée paroxystique à la suite de ce traitement. Si c’est le cas, c’est qu’on ne touche pas à la cause mais à une conséquence (c’est déjà un début mais il y a donc encore des « pourquoi? » qui n’ont pas trouvé réponse). Nous sommes d’accord, que certaines conséquences doivent être soulagées dans certains cas. Mais par pitié, ne vous contentez pas de ça et c’est là qu’entre en jeu l’équipe pluridisciplinaire : ostéopathe, dentiste, podologue, shiatsuki, énergéticien, communiquant animalier, vétérinaire…. Je vous invite à utiliser toutes les options disponibles.

(Nota : les liens sont donnés à titre indicatif bien évidement)

 

 

Pour ma part, et ça n’engage encore une fois que ma personne, il n’y a rien qui n’ait une cause. Rien n’apparaît comme ça par enchantement. Il est vrai que des fois la cause est difficile à trouver (surtout si on n’explore pas toutes les voies disponibles par croyances), qu’il faut du temps, des remises en question, des changements d’interlocuteurs, …. Mais après tout, la « mal à dit » a bien quelque chose à exprimer. Des fois, il suffit juste de l’écouter avec autre chose que ses oreilles.

Mais là on entre dans le « cause / conséquences / but »…. se sera pour un autre épisode.